cuisine de comptoir

journal des cuisines et vins conviviaux. Chroniques, reportages, recettes, news, produits,dossiers...

14 décembre 2006

Votez bon, votez cochon ! Part 3

cochonHier, je vous narrais comment nous avions découpés notre bon ami, le cochon. J'avais omis de vous donner son nom. Forcemment, un cochon, ça a un nom !

Quand il est né, de belle ascendance, les canons tombaient dru. C'était au retour de divers salons. Quelques vins naturels bombaient le torse devant des flacons plus traditionnels, mais tout cela, sous les bons auspices des dernières cuvées Aurel 96, un joyau de Karl Mauguin. Les langues collaient un peu, mais l'affaire était d'importance. Comment allions-nous baptiser le goret ?! Les cerveaux, point trop abîmés grâce aux breuvages très peu souffrés tournaient à plein régime. "Adolf", cria un coin de la salle. "Déjà vu !!". "Napoléon !" en gueula un autre. "Va pas lui faire pousser la mèche !!" fut la sentence. "Et si on l'appelait le petit Nicolas ?" sortit une petite voix de buveur d'eau. "Pas mal !" répondit l'écho. "Et pourquoi pas Nico S, et pourquoi pas Sarko ?!?!?!" s'emballa l'assemblée. "Non mais, ça va pas !", brailla le plus le vieux, "vous voulez lui faire tourner la viande !!!"

Devant tant de bon sens,  ça se mit à genoux devant l'ancien; "Alors, comment on l'appelle ?". "Et ben, on l'appellera pas, quand on voudra qui vienne, on trinquera !.".

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13 décembre 2006

Votez bon, votez cochon ! Part 2

cochonLes enfants, continuons ce dossier sur le cochon par l'exemple. Attention aux âmes sensibles ! Quelques images, mots ou métaphores qui suivent, pourraient peut être choquer. Et oui, voici venir à grande lame acérée LA TUE COCHON !!!!

Il faisait froid ce matin, très froid. Mon bout du monde baignait dans la gelée. Les respirations exhalaient des vapeurs de locomotives. Une aube parfaite pour tuer le cochon.

D'ailleurs, il n'était pas très vaillant, le gazier, lui, d'habitude si girond, si plaisant, toujours en attente d'une compagnie, d'un brin de discussion, toujours friand d'un bon mot ! Il le devinait qu'ça sentait pas bon pour sa couenne. Tant de gaillards dans la cour,  si tôt, c'était vraiment pas normal. Figé, et pas par le froid, il guettait, tentait de se rassurer. "C'est pas possible, on tue pas un si bon compagnon. C'est pas pour moi. Y'a forcemment une bonne raison à l'attroupement". Ben oui, y'avait une bonne raison. Mais la raison du ventre que le cochon ignore. Surtout quand il s'agit de sa propre chair.

Respectueusement, il fut sorti de la soue. C'était presque à qui de l'assemblée le saluait,  d'un doigt sur la casquette,  d'un hochement de tête mais toujours d'une larme à l'oeil. On becte pas un si bel animal comme ça. Ca mérite le recueillement !

Enfin, fallait bien y aller. c'est immuable. On tue le cochon comme on l'a toujours tué. Le plus vite possible, le plus proprement. On est pas à l'abattoir, m... !

Il essaya bien de se débattre, de ruer pour le coup. Peine perdue, la lame trancha, franche, sans hésitation.

Le sang coula. On le recueillit. Un sang qu'il faut touiller pour la sanguette et le boudin. Puis la carcasse du défunt fut flambée. Puis, raclée. Puis rincée, à l'eau bouillante. Précaution nécessaire avant de l'ouvrir de bas en haut.

Et puis on sépare les chairs, on détaille, on sort les tripes. Tout doucement,  les tripes. Presque en silence. Ca y est, elles sont dénouées, la graisse ôtée. On nettoie les boyaux qui vont bientôt servir. Boudins et saucissons.

L'aube laisse en suspens les dernières traces de son passage. On termine la découpe. On prépare à la conservation. Quelques bouteilles surgissent, sur la pointe des pieds. Ca pousse doucement du col, ça aguiche légérement de la robe. Le viognier 2005 de Gilles Azzoni joue en contrepoint aux côteaux du Loir 2005 de Bénédicte de Rycke une ode à la victime.

Le soleil s'affranchit. Il fait presque bon. T'inquiètes pas, mon cochon ! T'aurais pu plus mal tombé! Tu seras bien cuisiné.

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12 décembre 2006

Votez bon, votez cochon ! Part 1

cochonVous l'aurez compris, nous allons nous entretenir de cochon. Un bien bel animal, ma foi !! Convivial, sympathique, goûteux ! Si goûteux, qu'il pourrait s'attabler avec nous afin de déguster un des ses pieds.

Mais j'entends déjà quelques rétifs, de-ci, de-là. "Il est pas convivial, le cochon ! Il sent pas bon ! C'est gras !"

Tout d'abord, si le cochon se roule dans sa fange, c'est qu'il ne régule pas la température de son corps et qu'il doit fréquemment se rouler dans l'humidité. Ensuite, sa teneur en lipide n'est que de 5 à 6 % et il n'apporte pas plus de cholestérol que le poulet. Voilà, c'est dit !

En attendant de reprendre cet édito, demain matin, nous pourrons toujours méditer sur l'éloge que Grimod de la Reynière fait de cet animal : "C'est le roi des animaux immondes, c'est celui dont l'empire est le plus universel et les qualités les moins contestées. Sans lui, point de lard, et par conséquent, point de cuisson; sans lui, point de jambon, point de saucisson, point d'andouille, point de boudins noirs et par conséquent, point de charcutiers. [...]Tout est bon en lui; par quel oubli coupable a-t-on pu faire de son nom une injure grossière ?"

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05 décembre 2006

J'ai faim !!!!

blog_cuisine_052J'ai un problème ! Je suis fou de cuisine, de produits, de vin. Comme vous tous, je présume. Ah, les bonnes soupes ! ah, les bons abats, les bonnes tripailles ! ah le beau persillage d'une tendre aubrac ! ah la folie douce d'un chardonnay 2004 de Pierre Beaugé ! Ah ! Ah ! Ah ! .... Alors voilà, comme ma mère m'engueule encore quand je parle la bouche pleine, et bien moi aussi je me lance dans le blog de cuisine. Parce que j'aime la cuisine de bistrot, parce que j'aime les conversations de comptoirs, parce qu'Yves Camdeborde est grand, parce qu'il n'y a rien de plus beau qu'une grande tablée à une heure du matin, quand, la larme à l'oeil, la dernière bouteille vous fait du pied, il y aura modestement tout cela dans ce blog-journal. 

Et  un peu aussi parce que la cuisine au quotidien, celle avec peu de moyes  mais qui est rudement bonne, est aussi une forme de lutte. Et puis aussi parce que comme me disait ma grand mère : "finis ton assiette, tu ne sais pas qui te mangera.

ps : en bon débutant du blog, j'aimerais quelques conseils pour mettre des photos miniatures à la place des catégories dans les colonnes. Merci d'avance

Posté par lenfantdelard à 18:05 - édito - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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